J'ai testé pour vous : le bonheur au travail :)

samedi 18 mars 2017


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Le compte à rebours de notre campagne de crowdfunding est lancé ! 

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Trois semaines plus tôt, je me trouvais assise sur une chaise d'écolière, face à une copie-double, dans une grande salle de la tant redoutée Maison des examens d'Arcueil. Eh oui, être maman et à nouveau étudiante implique de ressentir des petits goûts de lycée. Aussi étranges soient-ils. 
Heureusement, la sérendipité m'a fait rentrer dans une aventure que je n'espérais pas aussi plaisante. Au-delà de ma famille et mes amis, s'il y a une chose qui me donne le sourire en ce moment, c'est bien mon stage. Depuis trois mois maintenant, j'ai rejoint une drôle d'entité à la vocation juste. 

Dans une ère où le bonheur au travail est une quête semblant parfois aussi utopique que nécessaire, je ne peux que me sentir privilégiée de réaliser une mission au sein de la coopérative Citiz à Bordeaux. 
Les débuts étaient quelques peu déroutants... à la question "Qui sont vos concurrents ?", pas de réponse. "Il n'y en a pas vraiment... nous sommes tous complémentaires, l'intérêt collectif prime". Bienvenue dans la coopérative, modèle hybride entre une entreprise privée et une association. 
J'ai déjà vécu de très jolies expériences professionnelles, mais je n'avais jamais jusqu'alors mis les pieds dans une société aussi transparente et sincère dans sa démarche. Et quelle démarche. Proposer aux bordelais de nouvelles solutions de mobilité plus responsables, plus respectueuses de ce monde que nous avons trop épuisé. 
C'est ainsi que j'ai découvert l'autopartage :)

Les personnes avec qui j'ai la chance de travailler sont profondément inspirantes. Nous sommes peu nombreux, et avons tous des personnalités différentes, des origines et des parcours diversifiés. Pourtant l'accord est parfait. Il règne dans l'équipe une ambiance joyeuse et respectueuse, qui me permet de sourire chaque matin lorsque la sonnerie du réveil (pourtant tout sauf agréable) retentit. Pour avoir connu le fait de devoir se rendre au travail la boule au ventre, je suis consciente de l'immense fortune que cela représente. 
Je sais aussi qu'il s'agit là d'une aventure éphémère, et c'est peut-être aussi ce qui contribue en partie au charme de cette expérience professionnelle, mais surtout humaine.

Pour le moment, je savoure :) 

Comment donc ne pas avoir envie de se donner à fond dans la mission que l'on m'a confié ? Comment ne pas avoir envie que cette coopérative soit soutenue dans son développement ? De la faire connaître face à des géants industriels dont les intentions écologiques me semblent parfois plus relever du business ? 
Il y a 16 ans, un visionnaire, Hervé Dugény, a eu l'idée de partager une voiture avec deux de ses amis. Une association est rapidement née, et c'est bénévolement qu'il a travaillé pendant des années pour développer l'autopartage à Bordeaux. Mon responsable actuel, Nicolas Guenro, papa de trois petites princesses et désireux de leur laisser un monde meilleur, s'est également battu pour pouvoir pérenniser son statut de premier salarié de l'association. Résultat, le voici aujourd'hui à la tête d'une jolie petite équipe... Guillaume, Agnetha, Azziza, et les autres. Cerise sur le gâteau, tous sont en CDI. 
Cette coopérative a déjà une belle histoire, et j'aimerais de tout coeur pouvoir apporter mon humble petite pierre à l'édifice. 

Pour que cela soit possible, il faut que la campagne de crowdfunding active jusqu'à la mi-avril soit une réussite ! Et c'est là que nous avons besoin de vous. 
Un tout nouveau service de voitures en libre-service, connectées, géolocalisables, flexibles et pratiques arrivera bientôt à Bordeaux :) 
Mais avant, une collecte de fonds est indispensable pour pouvoir boucler notre budget. 
Je veux croire que ce lancement sera une réussite grâce aux contributeurs. Le service "Yea!" à Bordeaux (vous en saurez plus sur la page de crowdfunding), c'est aussi un pas de plus vers une société plus solidaire et responsable. De par son service, mais aussi en encourageant des acteurs tel que Citiz à prospérer dans une perspective citoyenne. 

C'est à l'intérieur d'un monde qui porte des solutions comme celle-ci que je veux voir grandir ma fille. Pas vous ? :)
Après cette expérience, je ne serai capable de travailler qu'au sein d'une entreprise ayant un véritable sens. Le challenge sera de taille. 
En attendant, pour soutenir ce joli projet qui changera notre rapport à la voiture, voici le chemin : clic

Merci. 





L'homme qui n'avait qu'une chaussure

jeudi 16 février 2017


En sortant du travail, j'ai croisé un vieil homme qui semblait marcher avec difficulté. Il avait une barbe grisâtre emmêlée, un bonnet si peu épais qu'il en était transparent et surtout... il n'avait qu'une chaussure. Son pied droit n'était protégé des pavés durs que par un sac plastique bleu fourré de divers papiers. Quant à l'expression vide de son visage, les mots me manquent pour en faire état ici. 
C'était l'heure de pointe à Bordeaux. Les gens défilaient, souvent le sourire aux lèvres d'ailleurs, enjoués par cet agréable soleil de fin de journée. Des étudiants, des mères de famille, des couples, des cadres, des bandes d'ami(e)s, j'observais la curieuse scène qui se déroulait. Tous et toutes le frôlaient sans même sembler lui adresser un seul coup d’œil. Pourtant, la couleur atroce de ce sac plastique ne pouvait passer inaperçu. Alors, pourquoi ? Mais enfin, pourquoi personne ne s'arrêtait ? 
Le vieil homme continuait d'avancer lentement et douloureusement vers ce qui s'apparentait à sa couchette, un matelas posé au ras du sol. Il semblait bien moins outré que moi qu'on ne le remarqua pas. En somme, il avait peut-être appris à faire partie du décor. Aussi misérable fut son quotidien. Aussi douloureux fut ce pied auquel il manquait une chaussure. Il ne demandait rien, lui. 
Cette scène ne s'est en réalité déroulée que sur une ou deux minutes, bien qu'elle m'ait semblé prolongée de longues minutes de détresse. Je l'ai suivi depuis ma voiture, arrêtée à un feu rouge, dans une rue à sens unique. Impossible de revenir sur mes pas, pourtant je n'avais qu'une envie : le prendre par le bras, rentrer dans le premier magasin et lui acheter cette foutue paire de chaussures. A défaut, je lui en amènerai des un peu moins neuves (merci à mon mari), mais tout aussi robustes et utiles que celles que j'aurais aimé qu'il choisisse. Elles sont déjà dans mon sac. Prêtes. 

Pourquoi ce petit chien en illustration ?
Parce que c'est également un sans-abris que je croise chaque soir, accompagné de ses jeunes maîtres alcoolisés. De même que pour le vieil homme déchaussé, il ne semble pas émouvoir grand monde ce chiot, même endormi sur un sol dégoulinant de bière avec en guise de laisse un vieux ruban irritant. Ce soir, j'ai posté son portrait sur les réseaux sociaux. Ô surprise, ce petit semble tout à coup plus attendrissant, il suscite l'intérêt, on me pose même des questions sur son histoire... 

Mais enfin, faudrait-il que je poste une photo du vieil homme pour que tous ces passants prennent enfin quelques minutes de leur temps pour le considérer, et peut-être, imaginer quel petit coup de pouce ils pourraient lui donner ?
Allons plus loin. Faudrait-il pointer du doigt ainsi tous les malheureux afin d'espérer un peu d'aide ?


J'aimerais beaucoup, si cela pouvait améliorer le sort de quelques uns. 
Mais j'entends déjà les remarques clichées telles que "Arrête, tu ne peux pas porter toute la misère de ce monde sur tes épaules", ou  encore "Mais attends, tu sais il y en a partout, tu crois que tu peux y changer quelque chose ?"
Bien. Alors , laissez-moi vous rappeler un conte auquel je tiens énormément.

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Un de nos amis marchait sur une plage mexicaine déserte, au coucher du soleil. Peu à peu, il commença à distinguer la silhouette d'un autre homme dans le lointain. Quand il fut plus près, il remarqua que l'homme, un indigène du pays, ne cessait de se pencher pour ramasser quelque chose qu'il jetait aussitôt à l'eau. Maintes et maintes fois, inlassablement, il lançait des choses à tour de bras dans l'océan.
En s'approchant encore davantage, notre ami remarqua que l'homme ramassait les étoiles de mer que la marée avait rejetées sur la plage et, une par une, les relançait dans l'eau.
Notre ami était intrigué. Il aborda l'homme et lui dit: "Bonsoir, mon ami. Je me demandais ce que vous étiez en train de faire."
"Je rejette les étoiles de mer dans l'océan. C'est la marée basse, voyez-vous, et toutes ces étoiles de mer ont échoué sur la plage. Si je ne les rejette pas à la mer, elles vont mourir du manque d'oxygène."
"Je comprends, répliqua notre ami, mais il doit y avoir des milliers d'étoiles de mer sur cette plage. Vous ne pourrez pas toutes les sauver. Il y en a tout simplement trop. Et vous ne vous rendez pas compte que le même phénomène se produit probablement à l'instant même sur des centaines de plages tout le long de la côte? Vous ne voyez pas que vous ne pouvez rien y changer?"

L'indigène sourit, se pencha et ramassa une autre étoile de mer. En la rejetant à la mer, il répondit: "Ça change tout pour celle-là!"

Trois déjeuners asiatiques à Bordeaux

mardi 10 janvier 2017

Depuis tout juste une semaine, j'ai pris de nouvelles fonctions au sein d'une coopérative bordelaise. L'un des points très positifs de l'agence, est que je travaille en binôme avec une jeune femme qui, en plus d'être fort sympathique, apprécie les déjeuners copieux et gouteux (n'est-ce pas que c'est important) ! Étant en plein centre de Bordeaux, autant vous dire que nous avons le choix chaque midi lorsque nous sortons, nous et nos estomacs vides, prêtes à dégainer nos chèques déjeuners. 
J'ai toujours apprécié les belles salades composées, les boxes de pâtes couvertes de fromages ou encore les sandwichs pains spéciaux mais la semaine dernière, elle m'a convertie : les boxs asiatiques sont chaudes, complètes (féculents, légumes, protéines), variées, colorées, équilibrées et cerise sur le gâteau, adaptées à une pesco-végétarienne telle que moi ! Petit tour de mes favoris de la semaine passée... 

Trois restaurants asiatiques que je vous recommande pour un take-away :

*  Nyam Bai, rue des Bahutiers
Un petit restaurant familial, qui ne paye pas de mine vu de l'extérieur, mais chez qui on est certain de revenir après y avoir goûté. Autant je serais bien incapable de déjeuner à l'intérieur de l'établissement (tant la cuisine embaume fortement la petite salle austère), autant je ne peux nier que c'est un coup de foudre gustatif. Les produits sont ultra-frais, tout est cuisiné sous vos yeux (cela explique l'attente... un peu difficile à accepter lorsque l'on a qu'une heure de pause déjeuner) par une cambodgienne dont chaque geste semble presque automatique, robotisé, chronométré. Je vous conseille leurs spécialités aux crevettes (elles sont énormes). Cela vaut le coup de perdre quelques minutes de plus et de ressortir avec les cheveux quelque peu parfumés à l'huile, ah ah !

* Santosha, place Fernand Lafargue
On ne le présente plus. Il s'agit probablement du restaurant Thaï le plus réputé de Bordeaux (également un bar et café). Cependant, le Santosha ne se contente pas de se reposer sur cette réputation acquise et nous propose toujours une carte séduisante à des prix raisonnables (comptez entre 10 et 14 euros). Je comprends désormais les terrasses pleines été comme hiver, ce restaurant est absolument incontournable et à juste titre. Personnellement, ce fut un véritable régal. Petits estomacs s'abstenir, la box est remplie à ras-bord :-)

* Umami Ramen, place Fernand Lafargue
Décrit comme un bar à ramen d'inspiration japonaise, l'Umami Ramen possède une carte aux nombreuses spécialités traditionnelles. La salle est agréable et fidèle au pays dans son design moderne et épuré. S'il ne m'a pas offert le plat qui m'a le plus convaincu, je suis certaine d'y remettre les pieds afin de vérifier cette impression (sans doute ai-je mal choisi). Les légumes n'étaient pas très cuits, la sauce un peu trop grasse coincée en-dessous du riz, et les crevettes bien plus fines qu'au Nyam Bai. Cependant, c'est peut-être moi qui ne suis pas faite pour la cuisine japonaise ? Je tiens toutefois à relever l'amabilité et la gentillesse de notre serveuse, qui n'a pas hésité à nous faire un allègement de quelques euros sur nos menus respectifs. 



Le plus beau cadeau de Noël

vendredi 30 décembre 2016


°oO White Christmas - Otis Redding clic ♫ Oo°

Nous sommes le 25 décembre. Après un levé on ne peut plus tardif, chacun encore quelque peu embrumé par un réveillon festif et coloré, je savoure cette parenthèse de rêve en famille. Des explosions de paquets cadeaux jonchent toujours le sol et le petit-déjeuner n'ayant pas su séduire des estomacs à la peau encore tendue de la veille, est intact sur la table du salon. J'ignore alors qui de ma fille ou de ses grands-parents sautille le plus d'excitation à l'idée de sortir essayer ce vélo flambant neuf, déposé quelques heures plus tôt par un gros homme vêtu de rouge et blanc. Il fait doux, clair. Bien trop doux pour espérer une neige de Noël. Nous décidons ensemble de prendre la voiture afin d'aller nous promener en bordure du Bassin d'Arcachon. L'Aiguillon. 
À Défaut de neige immaculée, nous avons une soyeuse étendue de sable. Je prends plaisir à observer chaque sourire de mes proches. Ma soeur, mon mari, mon père, ma mère, et ma toute petite filant sur son vélo. Un pincement au coeur me surprend en cet instant enchanteur, je le balaie d'un sourire à mon tour. Cette année fut particulièrement chaotique et meurtrière. Mes pensées s'égarent à nouveau, ma gorge se serre ; comme une culpabilité piquante d'être aussi heureuse en des heures sombres pour l'humanité. Tel une mélodie salvatrice, le joyeux rire de ma fille m'extrait à nouveau de mes songes mélancoliques. Je suis spectatrice de la scène se déroulant sagement sous mes yeux, ces êtres que j'aime, jouant, courant, immortalisant la journée par des dizaines de photos. À mon tour j'empoigne le Polaroïd. Ils posent tous en l'espace de cinq secondes, comme s'ils s'étaient entraînés à l'exercice ! Les traits apparaissent lentement sur le papier glacé, leur imposant une minute d'attente avant de découvrir le cliché final... Mais je sais par avance qu'il s'agit-là de la plus belle photo que je n'ai jamais eu le bonheur de capturer. Les voici tous alignés, étincelants de joie et d'amour. Le reflet authentique de ce 25 décembre. Quelques jours plus tard, j'empoignerai cette petite photo oubliée au fond de ma poche et réaliserai combien ils sont, définitivement, mon plus beau cadeau de Noël.