Trois déjeuners asiatiques à Bordeaux

mardi 10 janvier 2017

Depuis tout juste une semaine, j'ai pris de nouvelles fonctions au sein d'une coopérative bordelaise. L'un des points très positifs de l'agence, est que je travaille en binôme avec une jeune femme qui, en plus d'être fort sympathique, apprécie les déjeuners copieux et gouteux (n'est-ce pas que c'est important) ! Étant en plein centre de Bordeaux, autant vous dire que nous avons le choix chaque midi lorsque nous sortons, nous et nos estomacs vides, prêtes à dégainer nos chèques déjeuners. 
J'ai toujours apprécié les belles salades composées, les boxes de pâtes couvertes de fromages ou encore les sandwichs pains spéciaux mais la semaine dernière, elle m'a convertie : les boxs asiatiques sont chaudes, complètes (féculents, légumes, protéines), variées, colorées, équilibrées et cerise sur le gâteau, adaptées à une pesco-végétarienne telle que moi ! Petit tour de mes favoris de la semaine passée... 

Trois restaurants asiatiques que je vous recommande pour un take-away :

*  Nyam Bai, rue des Bahutiers
Un petit restaurant familial, qui ne paye pas de mine vu de l'extérieur, mais chez qui on est certain de revenir après y avoir goûté. Autant je serais bien incapable de déjeuner à l'intérieur de l'établissement (tant la cuisine embaume fortement la petite salle austère), autant je ne peux nier que c'est un coup de foudre gustatif. Les produits sont ultra-frais, tout est cuisiné sous vos yeux (cela explique l'attente... un peu difficile à accepter lorsque l'on a qu'une heure de pause déjeuner) par une cambodgienne dont chaque geste semble presque automatique, robotisé, chronométré. Je vous conseille leurs spécialités aux crevettes (elles sont énormes). Cela vaut le coup de perdre quelques minutes de plus et de ressortir avec les cheveux quelque peu parfumés à l'huile, ah ah !

* Santosha, place Fernand Lafargue
On ne le présente plus. Il s'agit probablement du restaurant Thaï le plus réputé de Bordeaux (également un bar et café). Cependant, le Santosha ne se contente pas de se reposer sur cette réputation acquise et nous propose toujours une carte séduisante à des prix raisonnables (comptez entre 10 et 14 euros). Je comprends désormais les terrasses pleines été comme hiver, ce restaurant est absolument incontournable et à juste titre. Personnellement, ce fut un véritable régal. Petits estomacs s'abstenir, la box est remplie à ras-bord :-)

* Umami Ramen, place Fernand Lafargue
Décrit comme un bar à ramen d'inspiration japonaise, l'Umami Ramen possède une carte aux nombreuses spécialités traditionnelles. La salle est agréable et fidèle au pays dans son design moderne et épuré. S'il ne m'a pas offert le plat qui m'a le plus convaincu, je suis certaine d'y remettre les pieds afin de vérifier cette impression (sans doute ai-je mal choisi). Les légumes n'étaient pas très cuits, la sauce un peu trop grasse coincée en-dessous du riz, et les crevettes bien plus fines qu'au Nyam Bai. Cependant, c'est peut-être moi qui ne suis pas faite pour la cuisine japonaise ? Je tiens toutefois à relever l'amabilité et la gentillesse de notre serveuse, qui n'a pas hésité à nous faire un allègement de quelques euros sur nos menus respectifs. 



Le plus beau cadeau de Noël

vendredi 30 décembre 2016


°oO White Christmas - Otis Redding clic ♫ Oo°

Nous sommes le 25 décembre. Après un levé on ne peut plus tardif, chacun encore quelque peu embrumé par un réveillon festif et coloré, je savoure cette parenthèse de rêve en famille. Des explosions de paquets cadeaux jonchent toujours le sol et le petit-déjeuner n'ayant pas su séduire des estomacs à la peau encore tendue de la veille, est intact sur la table du salon. J'ignore alors qui de ma fille ou de ses grands-parents sautille le plus d'excitation à l'idée de sortir essayer ce vélo flambant neuf, déposé quelques heures plus tôt par un gros homme vêtu de rouge et blanc. Il fait doux, clair. Bien trop doux pour espérer une neige de Noël. Nous décidons ensemble de prendre la voiture afin d'aller nous promener en bordure du Bassin d'Arcachon. L'Aiguillon. 
À Défaut de neige immaculée, nous avons une soyeuse étendue de sable. Je prends plaisir à observer chaque sourire de mes proches. Ma soeur, mon mari, mon père, ma mère, et ma toute petite filant sur son vélo. Un pincement au coeur me surprend en cet instant enchanteur, je le balaie d'un sourire à mon tour. Cette année fut particulièrement chaotique et meurtrière. Mes pensées s'égarent à nouveau, ma gorge se serre ; comme une culpabilité piquante d'être aussi heureuse en des heures sombres pour l'humanité. Tel une mélodie salvatrice, le joyeux rire de ma fille m'extrait à nouveau de mes songes mélancoliques. Je suis spectatrice de la scène se déroulant sagement sous mes yeux, ces êtres que j'aime, jouant, courant, immortalisant la journée par des dizaines de photos. À mon tour j'empoigne le Polaroïd. Ils posent tous en l'espace de cinq secondes, comme s'ils s'étaient entraînés à l'exercice ! Les traits apparaissent lentement sur le papier glacé, leur imposant une minute d'attente avant de découvrir le cliché final... Mais je sais par avance qu'il s'agit-là de la plus belle photo que je n'ai jamais eu le bonheur de capturer. Les voici tous alignés, étincelants de joie et d'amour. Le reflet authentique de ce 25 décembre. Quelques jours plus tard, j'empoignerai cette petite photo oubliée au fond de ma poche et réaliserai combien ils sont, définitivement, mon plus beau cadeau de Noël. 


Le chat de vingt ans et vingt jours

vendredi 30 septembre 2016


"Non maman, je veux le gris..."

Léo.
Son regard de chaton minuscule a croisé celui de la petite fille que j'étais à l'automne 1996, tandis que je tenais son frère dans les bras. Coup de foudre. Quelques jours plus tard, il intégrait notre famille pour ne plus jamais la quitter... plus jamais. 

Léo est de ces chats qui honorent fièrement la croyance selon laquelle les félins auraient plusieurs vies (neuf, pour être exacte). Je ne saurais vous dire combien d'entre-elles il a utilisé, mais j'aime à penser qu'il ne lui en restait plus aucune en réserve et que le temps du soulagement était grandement bienvenue pour lui. Parmi quelques uns de ses exploits : 
- glisser du quatrième étage à cause d'un cendrier en verre sur un rebord de fenêtre (le vétérinaire ne donnait pas cher de sa peau, mais cet évènement date d'il y a déjà plus de 10 ans !)
- se perdre pendant près d'un mois dans un golf du Bassin d'Arcachon après notre emménagement depuis Paris... mais revenir fringant un beau matin
- se faire rouler dessus par une voiture et se retrouver la mâchoire fendue en deux (le vétérinaire a réussi à la lui fixer avec un "clou" qu'il dû garder quelques temps également)
- etc... :) 
Léo était un guerrier. 
Parfois, il me ferait presque penser à cette comptine pour enfant "Mais... le matou revient, le jour suivant !" sauf qu'il est question de se débarrasser d'un chat, et que nous concernant, on l'aurait bien gardé éternellement notre Léo. 

*

Il y a certains épisodes de notre vie qui nous poussent vers cette nécessité de croire en la possible réincarnation des âmes. De se rassurer et de se dire que cette petite vie fragile qui, il y a encore quelques secondes, s'exposait sous forme de ronronnements et de coups de tête câlins ne peut avoir disparu totalement. Passer de la vie au noir total. De la chaleur au froid. Du moelleux au rigide. Comment croire en la mort ?
Ayant disposé son petit corps dans le cercueil que nous lui avions tous préparé, je suis bien consciente que ce n'est pas mon chat qui repose dans cette boîte. Je ne peux m'empêcher de l'imaginer déjà ailleurs. Je suis totalement athée, mais comme je suis heureuse d'y avoir glissé - au milieu des mots d'amour et photos de sa famille - le jumeau de ce Bouddha. 

Ainsi, je me dis que notre amour est tout simplement en train de faire un beau voyage... et s'il revient un jour sous une autre forme, j'espère de tout coeur qu'il pensera à venir nous faire un coucou. En attendant, Léo est notre étoile. 


Le laisser partir. 

J'avais beau être parfaitement consciente - depuis un peu moins de cinq ans - que mes parents pouvaient m'appeler à tout moment et m'indiquer que notre gros matou s'en était allé... lorsque je reçu l'appel de ma mère la veille du Jour-J, inutile de décrire la puissante tristesse qui me traversa. Sans le dire clairement, il était évident qu'elle me demandait "l'autorisation" pour valider le rendez-vous à la clinique... Léo était bien plus devenu leur chat que le miens, mais il était notre chat-totem, celui qui nous avait accompagné à travers les déménagements, les vacances, les séparations, les retrouvailles... Il était - et sera toujours - notre famille. Un petit morceau de chacun de nous quatre. Mon père qu'il ne quittait plus pour les câlins, ma mère qui s'en est occupé jusqu'au bout, ma petite soeur qui est quasiment née avec lui et moi sa maîtresse officielle, celle qui l'avait choisi parmi ses autres frères et soeurs au fond de ce petit carton. 

Croyez-moi, l'euthanasie était un acte d'amour profond à ce stade : la santé de Léo s'était fatalement dégradé ces derniers jours, et son corps était totalement décharné. On se demande toujours QUAND arrive le bon moment pour mettre fin à la vie d'un animal... On doute, on espère, on attend. Mais heureusement, nous n'avons pas attendu plus longtemps. Il était vivant certes, mais à bout de force. Je vous épargne les détails de sa dernière journée de vie et les différentes réactions que nous avons tous eu face à cette épreuve. Sachez seulement qu'il est parti profondément entouré d'amour. 
Toute la famille était d'accord : nous devions l'emmener uniquement mon père et moi (ma mère avait déjà énormément donné niveau "soins palliatifs" et était vidée d'énergie avec une récente infection) quant à ma petite soeur, nous l'avions convaincu de ne pas délaisser son après-midi de cours sur Bordeaux et de se concentrer sur son chaton nouvellement arrivé. 


Avant de partir à la clinique, ma soeur m'a supplié de lui chanter "Your song" reprise par Billy Paul le moment venu, afin que notre Léo emprunte un chemin heureux et paisible pour son départ. Une chanson symbolique pour nous. J'ai bien tenté. Je pensais réussir à sourire pour lui jusqu'au bout.. mais le torrent de larmes retenu de toutes mes forces depuis des heures, ainsi que ce besoin irrépressible d'enfouir mon visage une dernière fois contre son petit flanc qui se soulevait à un rythme de plus en plus lent me fit capituler. Je mis la chanson sur mon iPhone, tout bas, et le couvris de baisers avec mon père, entre deux sanglots étouffés. 


°oO Bill Withers - Lean On Me clic Oo° 

Je suis incapable de mieux construire ou relire cet article, sinon je vais à nouveau épuiser une boîte entière de mouchoirs... alors je vais le laisser tel quel. J'avais besoin d'écrire quelque chose pour Léo. Pour toi mon bébé chat, qui restera toujours cette extraordinaire petite boule de poils qui venait frotter ton museau contre mon nez alors que je prenais un bain à six ans... celui qui prenait également toute la place dans mon lit d'enfant, celui avec qui je pouvais m'amuser pendant une heure seulement avec une brindille du jardin, celui qui pensait me faire plaisir en me ramenant tous ses trophées de chasse, celui qui fut réellement mon premier bébé, celui qui ne disparaîtra jamais. Tu vis en nous Léo, en chacun de nous quatre, et je t'aime tant mon chat. 




Bordeaux, tu es aussi ma favorite

dimanche 18 septembre 2016




°oO Twenty One Pilots - Ride clic Oo°

Elle revient en tête de tous les classements des villes où il fait bon vivre depuis maintenant plusieurs années : les éloges faites à son sujet ne sont en rien mensongères... Bordeaux est une métropole splendide, dont il est difficile de se lasser tant elle offre un cadre de vie et des opportunités intéressantes. Pour vivre à une quinzaine de minutes de celle-ci, je ne peux qu'approuver. 

Sans reprendre les arguments avancés par les rédacteurs de ce genre d'article, ou encore celui-ci... mon point de vue rejoint les leurs, mais c'est un versant plus personnel que je désire livrer ici, sur cet espace qui est le mien car il me semble que l'attrait qu'exerce une ville sur notre personne relève purement d'un point de vue subjectif. Il s'agit là de notre statut, de notre situation personnel ou professionnel, de nos goûts et de notre propre conception de la ville dite "idéale" :)

Il m'est souvent arrivé de penser à plus tard... lorsque nous pourrions envisager de nous établir dans une autre ville. Puis une autre. Changer, bouger, visiter pour trois ou six ans une toute autre région. En France ou non. Et puis au fil de mes songes, je fais un bilan des séjours ici ou là. Lyon, Toulouse, Paris (notre ville originaire pour lui et moi), Nantes, Rennes, un coin perdu en Bretagne ou en Dordogne, et même pourquoi pas l'Italie, le sud du Portugal ou encore notre chère Barcelone ? Alors : oui, nous en gardons de bons souvenirs... oui, ce furent quelques journées douces et agréables en tant que touristes... mais y vivre ? Seule l'image de Bordeaux apparaît à mon esprit. Si vous saviez avec quel bonheur nous rentrons de vacances. Cela n'a jamais été aussi évident pour moi : notre maison est ici. 

Non seulement cette ville possède de claires atouts en terme de culture, de nature, d'infrastructures, de tissus économique, d'ouverture, ou encore de campus étudiants, mais elle a bien d'autres qualités. Effectivement, nous avons clairement la bougeotte et toute occasion est bonne à prendre pour une escapade (afin de mieux retrouver notre chez-nous, ahah). Et quel meilleur emplacement pour cela que Bordeaux en fin de compte ? Nous vivons finalement proches de bons nombres de jolies destinations (sans compter l'aéroport de Mérignac). Ainsi, il devient aisé d'effectuer un petit aller-retour à l'Océan et de goûter une dernière fois le vent doux d'une fin d'été, les pieds dans le sable doré tout en sirotant une boisson sucrée. Puis, quelques heures plus tard, revenir au centre de la cité afin de visiter pour la première fois une bibliothèque moderne et délicate dont on ignorait jusqu'alors l'existence. Car c'est aussi cela Bordeaux : des découvertes constantes. Un renouveau permanent. 

Cette ville magnifique est sans cesse en évolution, et dans le meilleur sens du terme fort heureusement ! Associations, starts-ups dynamiques, entreprises innovantes, ou autres intervenants de l'économie sociale et solidaire se sont emparé de l'esprit Bordeaux... et il ne tient qu'à nous d'y prendre part, de découvrir, ou encore de se régaler de l'ingéniosité de nos voisins. Je pense à Darwin, mais s'il n'y avait que cette ancienne caserne dont le visage et les aspirations se révèlent prometteurs ! 

Je le dis tout haut : Bordeaux est une ville qui mérite amplement ses titres flatteurs dans les journaux. Cependant, gare aux cadres parisiens désireux de délaisser salaire-confortable mais métro-relou pour la Gironde... pensez à faire astucieusement vos petits calculs avant de sauter le pas. Je m'explique : le rapport "baisse de salaire/loyer sur Bordeaux" peut parfois en décevoir plus d'un. Enfin, restons honnêtes, mis à part ces questions d'ordre matériel - et en tout cas, me concernant - c'est bien à Bordeaux que je me vois vivre pour encore de très longues années. Avec parfois un saut dans telle ou telle ville, tel ou tel pays, et toujours, revenir à l'essentiel. Là où l'on se sent chez soi. Là où tu es née aussi, ma princesse.